30%, voici la proportion d’annonces qui ne respectent pas la loi sur l’encadrement des loyers entrée en vigueur le 1er août dernier. Celle-ci contraint théoriquement les propriétaires à ne pas proposer leur bien à un prix supérieur de 20% au loyer médian. Dans les faits, il n’en est rien.
Comme souvent à Paris, les disparités sont grandes selon les quartiers. Pour y voir plus clair, la capitale a été découpée en 80 secteurs. Dans le 5e arrondissement, au Jardin des plantes, la moyenne est pulvérisée puisque l’étude montre que 69% des propriétaires proposent un prix au mètre carré qui dépasse le cadre légal. Suivent ensuite les quartiers de la Gare (13e) dont le taux atteint 63% et celui des Archives (3e) avec 61% d’annonces illégales repérées.
D’après France Bleu, les propriétaires habitués à trouver des locataires en appliquant les tarifs qu’ils souhaitent, rechignent à baisser le prix de leurs loyers. Ailleurs, dans les quartiers moins huppés, la faute serait à un découpage ne rendant pas assez finement compte de la disparité des territoires. À cause de ces approximations, les propriétaires ne parviendraient pas à toujours à s’aligner avec la valeur théorique proposée pour leur bien.
Pour que la nouvelle règle entre dans les mœurs, « nous avons besoin que les locataires se saisissent de la loi et n’hésitent pas à aller devant la commission de conciliation pour contester les abus », indiquait à nos confrères Ian Brossat l’adjoint (PCF) au maire chargé du logement à la mairie de Paris.
Dans son blog, il rajoutait qu’il « faudrait penser l’application [de la loi] à l’ensemble de la métropole. Il est désolant de voir un gouvernement qui se dit de gauche reculer sur une question aussi fondamentale. J’observe que d’autres pays ont moins de tabous que nous sur cette question. »
Pour le moment cependant, aucun locataire n’a saisi la commission de conciliation, de crainte de perdre un logement si chèrement acquis sans doute.