Emmannuelle Cosse vient de l’annoncer, l’encadrement des loyers sera étendu à l’agglomération parisienne. Après Paris l’été dernier et Lille qui devrait le mettre en place avant la fin de l’année, c’est donc en Île-de-Fance que la ministre du Logement a décidé de poursuivre une des mesures phares de la loi ALUR.
Pour rappel, l’encadrement des loyers contraint les propriétaires à ne pas proposer leur bien à un prix supérieur de 20% au loyer médian établi par un observatoire des loyers. En Île-de-France il s’agit de l’OLAP.
#EncadrementDesLoyers Une mesure de progrès social et de régulation qui va bénéficier à 8 millions de franciliens. pic.twitter.com/dMC07ioZmH
— Emmanuelle Cosse (@emmacosse) 30 juin 2016
La mesure entrera en vigueur à partir de 2018 et concerne 412 communes, situées dans l’ensemble des Hauts-de-Seine de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, ainsi que dans les zones les plus denses des Yvelines, du Val-d’Oise, de l’Essonne et de la Seine-et-Marne. Il s’agit en fait de l’ensemble de l’aire urbaine de la capitale. La liste complète est disponible ici.
« L’agglomération parisienne connaît un marché locatif tendu, où les loyers grèvent durement le budget des ménages. Je me félicite de cette étape décisive vers l’encadrement des loyers sur ce territoire. Plus de huit millions de Franciliens sont concernés par cette mesure qui va permettre de lutter contre les loyers trop chers et de redonner du pouvoir d’achat. L’observation, puis l’encadrement des loyers à Paris où les loyers avaient augmenté de 34% en dix ans ont démontré l’efficacité de ce dispositif », indique Emmanuelle Cosse dans son communiqué.
Cette mesure ne plaît pas aux professionnels de l’immobilier qui dénoncent tous une mesure inutile. « Depuis plusieurs années, les loyers n’augmentent plus en France, et notamment à Paris et en proche banlieue », indique Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest interrogé par Le Monde.
Après la flambée des prix des années 2000, depuis 2012 en effet, le marché locatif est stable comme le montre le graphique de l’observatoire Clameur ci-dessous :
En revanche, les associations de « consommateurs se félicitent de cette mesure. Pour UFC-Que choisir, « l’extension est une nouvelle bonne nouvelle pour les locataires des 400 communes concernées. »
Cependant, l’association demande un effort supplémentaire au gouvernement :« Mais, alors que la ministre reconnaît que la mise en œuvre sur Paris, n’a pas eu les effets négatifs avancés par ses détracteurs et fonctionne, même si des abus persistent chez certains propriétaires, pourquoi limiter l’extension à la petite couronne parisienne et pas à la trentaine d’agglomérations visées par le Législateur ? »
Plus d’infos : l’arreté signé par la ministre est à retrouver ici.
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