Les révélations de Radio France montre les trésors d’ingéniosité que déploie Airbnb pour proposer à ses clients d’échapper à l’administration fiscale. Côté pile, la plateforme de locations entre particuliers essaie de montrer qu’elle est une entreprise responsable. Côté face, elle semble pourtant continuer de vouloir profiter des revenus de loueurs devenus presque des professionnels.
Sa dernière trouvaille consiste à permettre à ses clients de bénéficier gratuitement et en trois clics des services de Payoneer. Cette société américaine propose d’émettre une MasterCard prépayée depuis Gibraltar. N’étant pas un compte en banque à proprement parler, celui-ci « échappe aux accords sur l’échange d’informations bancaires », analyse Eric Vernier, chercheur et expert en paradis fiscaux cité par France Inter. Dans son enquête, la radio indique que « ce type de transfert était invisible pour le fisc ».
Le gouvernement a toujours rechigné à trop encadrer l’économie numérique. Ainsi, il y a tout juste un an, nous expliquions qu’un amendement au projet de loi de finances adopté à l’unanimité en commission devait obliger les plateformes en ligne à déclarer automatiquement au fisc l’argent gagné par leurs utilisateurs dès 2019. Cette disposition avait pourtant été retoquée par le gouvernement et plus précisément par le Secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert.
Après les révélations de Radio France, le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin a annoncé la convocation prochaine à Bercy des dirigeants de Airbnb pour évoquer cette affaire. L’agenda du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire signale qu’il se tiendra ce jour.