C’est le Crédit foncier communal d’Alsace et de Lorraine (CFCAL) qui a lancé les hostilités. Alors que les durées de crédits ont tendance à s’allonger, l’établissement strasbourgeois, filiale du Crédit Mutuel, distribue un crédit sur 35 ans et à 2,55% (hors assurance) par l’intermédiaire de courtiers.
La banque souhaite attirer les primo-accédants, mais pas seulement. Elle s’adresse également « à tous ceux qui disposent de biens et veulent investir de nouveau ainsi qu’aux actifs, propriétaires de leur logement principal et disposant de trop faibles revenus pour pouvoir emprunter à plus courte échéance », précise Emmanuelle François, directrice générale du CFCAL citée par Le Parisien.
Selon Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, un emprunt sur 35 ans permettrait de contrecarrer les effets de l’arrêt des aides APL dans le neuf et du remaniement du PTZ. Dans un article du Monde, il explique en effet que la proportion de primo-accédants dans les dossiers de demandes de prêts est passée de 60% à 45% entre décembre 2017 et mars 2018.
Dans un contexte de hausse des prix, et alors que la remontée des taux de crédit est attendue, les banques qui se limitaient souvent à des emprunts sur 20 ou 25 ans jusqu’ici revoient donc leur position.
L’allongement de la durée des prêts semble être une tendance lourde, comme l’explique Michel Mouillart, économiste spécialiste de l’immobilier au Parisien : « Alors qu’il y a encore quatre ans, seuls 15% des prêts immobiliers s’échelonnaient sur plus de 25 ans, on en recense en février plus de 30%, on revient sur des durées moyennes de contrats à plus de 25 ans d’avant la grande dépression de 2008 ».
Ces nouvelles offres permettraient ainsi aux acquéreurs de conserver leur pouvoir d’achat. En effet, une augmentation d’un point des taux à 20 ans « entraînerait une baisse de près de 9% du montant total que l’on peut emprunter » assure Le Monde.
Le quotidien du soir explique ensuite qu’avec un remboursement de 1.000 € hors assurance, l’acquéreur peut espérer emprunter 36.175 € supplémentaire en portant son prêt de 20 à 25 ans et 72.369 € de plus avec un prêt sur 35 ans. Cependant, ce gain reste tout relatif et coûte, in fine, très cher à l’emprunteur. En effet, le montant des intérêts passe de 34.746 € sur 20 ans à 145.377 € sur 35 ans.
S’il arrive que l’on doive revendre son bien peu après l’avoir acheté ou si les prix dégringolent, un prêt à 35 ans peut donc se révéler catastrophique. Avant de s’engager pour une telle durée, il convient donc d’en mesurer pleinement les risques.
Et vous ? À quelle échéance maximale envisageriez-vous d’emprunter ? Réagissez dans les commentaires et nourrissez la communauté de Mon-Immo.fr !