Une étude de l’Insee qui vient de paraître montre que l’augmentation du nombre de propriétaires en un endroit donné tend à augmenter le taux de chômage. Une conclusion tout à fait surprenante, à rebours de l’intuition.
Statistiquement, les propriétaires possèdent une meilleure situation sur le marché du travail. En effet, c’est souvent la stabilité d’un emploi qui permet l’accès à l’emprunt et in fine l’achat de sa résidence principale.
Et pourtant, dans le même temps « une augmentation de la densité de propriétaires [dans une zone d’emploi donnée] s’accompagne d’une hausse du risque d’être au chômage », nous explique l’Insee dans son étude parue le 19 avril dernier.
Pour expliquer ce paradoxe, il est tentant d’analyser ce premier graphique. Celui-ci semble montrer une corrélation entre densité de propriétaires et taux de chômage. Cependant, ces résultats sont soumis à trop de biais pour pouvoir être considérés comme argent comptant. En effet, de nombreux facteurs sont susceptibles « de pousser à la hausse la densité de propriétaires ou le taux de chômage, sans pour autant que cela traduise un lien direct entre ces deux grandeurs », explique encore l’Insee.
L’institut de statistiques a donc cherché à écarter les effets parasites afin de mener à bien son étude. Il confirme ainsi que si les propriétaires sont moins souvent au chômage que les locataires, « le risque s’élève là où la densité de propriétaires s’accroît » et explique qu’une surreprésentation de la propriété pourrait engendrer des tensions sur le marché immobilier.
Deux mécanismes entrent en jeu : d’une part la hausse de la densité de propriétaires fait baisser le taux de chômage du fait du risque moindre de cette population face au chômage. D’autre part, elle le fait monter à cause des crispations qu’elle engendre sur le marché immobilier.
Ainsi, pour une hausse de 10 points de la densité de propriétaires, l’Insee estime que le chômage décroît de 0,7 point, mais grimpe dans le même temps de 1,3 point. La hausse globale est donc de 0,6 point.