Six mois après l’annulation de l’encadrement des loyers à Paris et Lille par les tribunaux administratifs, la CLCV (association nationale de défense des consommateurs) a publié une étude qui mesure l’impact que cette contre-mesure a eu sur les loyers de la capitale.
Alors que l’association de consommateurs relevait que 61% des loyers respectaient la loi ALUR en 2017, elle note qu’ils ne sont plus que de 48% cette année, soit un recul de 13%.
Ainsi, s’étrangle la CLCV, « en moyenne, lorsque le loyer excède le maximum autorisé, c’est environ 128 € par mois, soit 1.536 € supplémentaires à l’année, que le bailleur appelle auprès de son locataire ! ». Seules 39% des annonces émises directement par les bailleurs auraient respecté l’encadrement des loyers s’il existait encore. L’an passé, alors que la mesure n’avait pas encore été annulée par le tribunal administratif ce taux était de 44%.Les professionnels du secteur ont encore davantage profité de cette annulation. Toujours selon la CLCV, le taux de conformité de leurs annonces est passé de 77% à 57%.
En effet, les biens proposés ne respectent pas la limitation maximale de la hausse imposée par la loi et que nous détaillons ici. Dans le cas d’une simple relocation, la revalorisation du loyer devrait en théorie se limiter à la hausse de l’IRL.
L’abandon du dispositif phare de la loi ALUR faisait craindre une hausse généralisée du secteur locatif dans la capitale. Celle-ci semble désormais se confirmer.
La mairie de Paris a annoncé qu’elle prévoit d’appliquer de nouveau l’encadrement des loyers, comme la loi logement l’autorise, avant fin 2018. « C’est indispensable pour protéger le pouvoir d’achat des classes moyennes dans la capitale », jugeait Ian Brossat, adjoint à la mairie en charge du logement.